Les jeunes et la drogue
Sondage réalisé en avril-mai 2004, par EOS Gallup Europe, à la demande de la Commission Européenne, DG Justice et Affaires Intérieures, parmi les jeunes de 15 à 24 ans, habitant l’Union Européenne.
ILReS Luxembourg était chargé du volet luxembourgeois.
Les résultats au niveau de l’Union Européenne
Une étude similaire avait été réalisée en 2002, ce qui nous permet de comparer les résultats des deux études et de tirer des conclusions quant au développement des perceptions des jeunes européens.
Le premier enseignement que nous pouvons tirer de la comparaison des résultats des deux études, est qu’aujourd’hui les jeunes sont légèrement plus souvent confrontés avec le cannabis et avec les autres drogues qu’ils l’étaient en 2002.
En effet, en 2004, 79% des jeunes interviewés sont plutôt d’accord pour dire qu’il est facile de se procurer de la drogue dans les soirées, 76% dans les bars et discothèques, 63% aux environs du domicile et 57% dans ou près de l’établissement scolaire.
Lors de l’enquête de 2002 ces chiffres étaient encore 76%, 72%, 62% et 55% respectivement.
50% des jeunes se sont vu proposer du cannabis et 33% l’ont déjà effectivement essayé.
Pour les autres drogues ce sont 30% qui les se sont vu proposer et 10% qui les ont effectivement essayé. Ces chiffres sont également en hausse par rapport au 2002.
Par contre, la consommation régulière s’est stabilisée au niveau de 2002.
Comme à l’époque 11% déclarent avoir consommé du cannabis et 3% ont consommé d’autres drogues au cours du dernier mois.
La consommation régulière de cigarettes est stable également et touche 37% des jeunes, alors que la consommation régulière d’alcool connaît une légère hausse et atteint à présent 27% des jeunes (un plus de 2 %).

La dangerosité des drogues est jugée très différente selon les produits.
La héroïne est considérée très dangereuse par 89%. Ensuite environ trois-quarts des jeunes estiment la cocaïne et le crack comme très dangereux et deux tiers encore considèrent le LSD et l’ecstasy comme des drogues très dangereuses. Ces pourcentages sont restés assez stables par rapport à 2002. La seule évolution significative de l’opinion concerne les substances dopantes, qui augmentent de 8 points et sont désormais jugées très dangereuses par 41% des jeunes interviewés.
Moins d’un quart des jeunes considèrent le cannabis, le tabac et l’alcool comme des substances très dangereuses.

Si on prend en considération l’addition des taux de réponse « très dangereux » et « dangereux », on observe une perception similaire du danger pour les trois produits. En effet, la proportion des jeunes estimant ces substances dangereuses s’élève à 55% pour le cannabis, 52% pour l’alcool et 54% pour le tabac.
Parmi les conséquences liées à l’usage de la drogue, la dépendance représente la conséquence la plus souvent citée par les jeunes (64%). Ensuite viennent les problèmes psychiatriques (40%), devançant ainsi légèrement les problèmes avec la justice (39%). Enfin un tiers des jeunes répondants semblent conscients du risque de contamination par des maladies transmissibles.
Il est à remarquer que les femmes se montrent plus concernées par la dépendance ou par le danger de transmission de maladies, alors que les hommes craignent davantage les problèmes avec la justice.
Lorsqu’on évoque les moyens les plus efficaces afin de gérer les problèmes liés à la drogue, les mesures plus fermes contre les dealers, les trafiquants (60%) et les producteurs (49%), de même que davantage de soins et de réinsertion (53%) représentent les mesures les plus souvent préconisées par les jeunes européens.
Notons également que 42% des jeunes européens attestent de l’efficacité des campagnes d’information.
Par ailleurs, 47% des répondants se disent plutôt d’accord avec l’idée selon laquelle on devrait punir les consommateurs de drogue. Le profil démographique du jeune européen se montrant en faveur de la répression des consommateurs de drogues correspond plutôt à une jeune femme, entre 15 et 19 ans, et résidant en milieu rural. De façon logique, les consommateurs de cannabis ou d’autres drogues s’avèrent nettement moins nombreux à approuver cette répression à leur égard.
L’instauration de contrôles anti-drogue, en particulier lors de contrôles d’alcoolémie, est approuvée par une grande majorité de 83% des jeunes. Ils sont moins nombreux, cependant toujours 58% à approuver l’idée de tests anti-drogue à l’école ou au travail.
La moitié des jeunes répondants (49%) se déclarent d’accord que les consommateurs de drogues devraient pouvoir se procurer des seringues à bas prix.
La situation au Luxembourg
Par rapport aux autres jeunes dans l’UE, les jeunes interviewés au Luxembourg se déclarent relativement plus souvent confrontées avec le cannabis (59% contre 50% au niveau de l’UE) mais relativement moins avec les autres drogues (26% contre 30% pour l’UE).

Ils ont aussi essayé le cannabis, plus souvent que leurs homologues dans l’UE, mais ils sont relativement moins nombreux à déclarer de l’avoir consommé au cours du dernier mois: 9% contre une moyenne européenne de 11%.
La différence s’avère encore plus marquée pour les autres drogues, qui sont déclarées être consommées au cours du dernier mois par 3% des jeunes au niveau de l’UE et par ‘seulement’ 1% des jeunes au Luxembourg.
Il ne faut pas se laisser tenter à minimiser le problème sur base de ce chiffre, heureusement beaucoup moins importante que dans l’UE totale. Nous n’avons pas relevé de quelles drogues il s’agit exactement dans cet 1%. En plus (comme d’autres groupes marginaux d’ailleurs) les consommateurs réguliers de drogues dures ne sont guère touchés par des sondages.

63% des jeunes interviewés au Luxembourg confirment le risque de dépendance de la drogue, ce qui correspond plus au moins au niveau européen (64%). Mais ils sont relativement moins nombreux à reconnaître d’autres risques liés à la consommation de drogues, comme les problèmes psychiatriques, la confrontation avec la justice ou la contamination par des maladies transmissibles.
Les jeunes interviewés au Luxembourg se différencient aussi de la moyenne de l’UE dans leur appréciation des différentes mesures pour gérer les problèmes liés à la drogue. Ils se montrent nettement plus pessimistes quant il s’agit d’évaluer l’efficacité des soins et de la réinsertion pour les consommateurs de drogues: seulement 37% y croient, contre 53% des jeunes dans l’UE. Ils préconisent plutôt des mesures plus fermes contre les dealers et les trafiquants (Luxembourg 65%, UE 60 %).
Par contre, les jeunes au Luxembourg sont moins que les autres européens d’accord pour qu’on punisse les consommateurs (Luxembourg 41%, UE 47%). Cette méthode draconienne, défendue par presque la moitié des jeunes interviewés dans l’UE, trouve ses supporteurs surtout dans les pays scandinaves et, sauf au Luxembourg, le moins au Portugal, en Espagne et aux Pays Bas.

Un rapport complet de l’étude ‘Les jeunes et la drogue’ peut-être téléchargé du site http://europa.eu.int/comm/public_opinion
Fiche technique
Ce sondage FLASH EUROBAROMETRE 158 sur "Les jeunes et la drogue" a été réalisé pour la Commission européenne, Direction Générale Justice et Affaires Intérieures.
Les interviews ont été réalisées en face à face, au domicile des personnes interviewées, du 19/04/2004 au 13/05/2004 par les 15 Instituts EOS GALLUP EUROPE, soit au Luxembourg ILReS Market Research.
Chaque échantillon national est représentatif de la population âgée de 15 à 24 ans. Les tailles d'échantillon sont d’environ 500 répondants par pays, au Luxembourg 571.