Le bien-être au travail au Luxembourg en 2010
2010-04-19
Le bien-être au travail au Luxembourg en 2010
Près d’un quart des interviewés disent souffrir continuellement voire fréquemment de sensations de douleurs, fatigues d’ordre musculosquelettiques dans leur activité professionnelle. Cette proportion est encore plus grande dans le secteur « social et de la santé » (36%), dans « HORECA, Commerce » (32%) et auprès des interviewés qui ont un travail posté (32%).
65% des interviewés admettent que leur entreprise n’a pas organisé plus de 3 actions de sensibilisation aux risques de santé et d’hygiène durant les 3 dernières années. On peut aussi constater un lien avec la taille de l’entreprise (plus grande est l’entreprise, plus il y a d’actions de sensibilisation : si 75% des entreprises de 2 à 9 personnes n’ont pas organisé plus de 3 actions durant les 3 dernières années, les entreprises de 500 salariés ou plus sont 58% à ne pas avoir organisé plus de 3 actions en 3 années). C’est surtout les interviewés du secteur « « banque, assurance, secteur financier » et ceux du secteur public (« l’Etat, administrations publiques, communes, sécurité sociale ») qui constatent à 72% respectivement à 71% que leur entreprise n’a pas effectué plus de 3 actions en 3 ans.
Près d’une personne sur deux (43%) admet éprouver fréquemment, voir continuellement du stress sur leur lieu de travail. Ce phénomène est beaucoup plus prononcé dans le secteur « banque, assurance, secteur financier » (53%) et secteur « social et de la santé (53%), auprès des personnes qui ont un travail posté (48%) et dans les grandes entreprises de 500 salariés ou plus (50%). Plus d’une personne sur deux (53%) admet que ce stress est négatif.
En 2006 l’étude de l’OGB-L et de Stimulus sur le stress au travail au Luxembourg avait relevé un taux de 25,6% qui disaient avoir un stress élevé et de 20,9% qui disaient avoir un stress très élevé ce qui fait 46,5% de gens avec un stress élevé ou très élevé. Ceci est très proche des 43% de la présente enquête. Si le secteur « social et de la santé » faisait également partie dans l’étude Stimulus de ceux qui avaient un taux de stress plus élevé, les interviewés du secteur « banque, assurance, secteur financier » et des entreprises de grande taille ne faisaient pas partie de ceux qui avaient un taux de stress plus élevé que la moyenne contrairement à la présente étude. Les conséquences de la crise financière et économique pourraient être des facteurs d’explication de cet effet.
Pour près d’un quart (23%) des interviewés la description de leur fonction dans l’entreprise n’est plutôt pas, voire pas précise. Ce type de réponses se retrouve proportionnellement plus auprès des salariés du secteur « informatique, télécommunications » (35%) et de « l’Etat, administrations publiques, communes, sécurité sociale » (30%).
35% disent manquer de temps pour l’ensemble du travail à effectuer, avec 43% dans « Industrie, Production » et 43% en « Informatique, Télécommunications ».
Pour près d’un quart (26%) de l’échantillon les valeurs de l’entreprise sont en désaccord avec les valeurs des interviewés et pour 32% des interviewés du secteur « banque, assurance, secteur financier ».
6% des interviewés estiment plutôt mauvaise, voire très mauvaise la relation avec leurs collègues de travail. Parmi ces personnes, plus d’un quart (28%) disent être continuellement, voire fréquemment harcelés par leurs collègues.
14% des interviewés estiment continuellement, voire fréquemment conflictuel le comportement de leur supérieur direct. Parmi ces personnes, 41% disent être continuellement, voire fréquemment harcelés par leur supérieur direct.
9% du secteur « social et de la santé » et 9% de « HORECA, Commerce » se disent être continuellement ou fréquemment victimes d’agressions verbales dans le cadre du travail ce qui est près de deux fois plus que la moyenne (5%). Plus que la moitié des agressions verbales (54%) est d’origine interne uniquement à l’entreprise (27% d’origine externe et 19% d’origine interne et externe).
20% des interviewés se disent continuellement ou fréquemment être épuisés par leur activité de travail (59% se disent même déjà avoir été (occasionnellement) émotionnellement épuisé par leur travail). Ce pourcentage est même de 38% pour le personnel questionné de l’enseignement.
32% des interviewés et 37% des résidents luxembourgeois disent avoir connaissance de problèmes liés à l’addiction au sein du personnel (alcool, médicaments, drogues). Les hommes sont surreprésentés parmi les personnes connaissant quelqu’un avec des problèmes d’addiction avec 34% par rapport aux femmes avec 27%. Le secteur public (Etat, administration, communes, sécurité sociale) (48%), le secteur de l’industrie, production (37%) et le secteur des transports (40%) sont nettement surreprésentés.
16 % des interviewés et 20% dans la partie des résidents luxembourgeois de l’échantillon connaissent un ou plusieurs collègues qui ont été personnellement confrontés à la question du suicide dans le contexte de leur travail. Les secteurs d’activité les plus surreprésentés sont le secteur public (Etat, administrations, communes, sécurité sociale) avec 29% et le secteur social et de la santé avec 23%.
11% des interviewés et 15% dans la partie des résidents luxembourgeois de l’échantillon admettent au moins occasionnellement avoir été confrontés personnellement à la question du suicide dans le contexte du travail. L’enseignement semble être le plus touché (24%) suivi du secteur public (Etat, administration, communes, sécurité sociale) (19%) et du secteur « social et de la santé (22%).
6% des interviewés disent avoir déjà fait des plans pour mettre fin à leur vie. Le secteur « banque, assurance, secteur financier » est surreprésenté avec 9% tout comme le secteur « social et de la santé » (10%). Nous observons également plus de planifications chez les personnes effectuant un travail posté (10%).
3% des interviewés disent avoir déjà procédé à une tentative de suicide. Nous observons une surreprésentation dans la classe d’âge des 18 à 29 ans avec 5%. Nous observons une représentation chez les salariés du secteur social et de la santé avec 9% et dans « HORECA, Commerce » (5%) , soit presque 2 fois ou plus de tentatives de suicide chez ces personnes comparées à la moyenne. Nous observons plus de tentatives de suicide chez les personnes effectuant un travail posté (5%).
23% des interviewés sont d’avis que leur poste de travail est plutôt mal ou très mal adapté à leurs besoins. Ceux qui ont un travail posté sont 30% à partager ce constat.
28% disent plutôt pas ou pas du tout avoir des possibilités de ressourcement pendant la journée de travail, avec 49% qui partagent cet avis dans le secteur social et de la santé et 34% dans les entreprises des transports tout comme dans le secteur « nettoyage, gardiennage » (37%) et 38% parmi ceux qui ont un travail posté.
Plus de la moitié des questionnés (52%) savent que le bien-être au travail est une des préoccupations majeures des syndicats et de la CSL.
En général, 89% sont d’avis que les syndicats devraient attacher plus d’importance au bien-être au travail des salariés avec un score élevé de 93% dans le secteur social et de la santé.
Si 79% des interviewés indiquent que les entreprises devraient jouer un rôle important dans la promotion du bien-être au travail, 40% sont d’avis que ce rôle appartient également à la Politique.
58% des interviewés pensent qu’ils feraient des choix professionnels différents, compte tenu des expériences dans le travail avec des scores élevés de 64% dans le secteur des « banques, assurance, secteur financier », de 65% secteur « industrie, production », de 70% dans « HORECA, Commerce » et le score le plus élevé de 75% dans le secteur « nettoyage et gardiennage ». Par rapport aux interviewés qui ont un niveau d’étude bas ou de niveau supérieur, ce sont les personnes avec des études accomplies au niveau du secondaire 2e cycle qui montrent le plus grand pourcentage (65%) d’insatisfaction par rapport aux choix professionnels faits.
45% pensent ne pas avoir de possibilités d’évolution professionnelle à travers la formation continue dans le travail. Le pourcentage est encore plus élevé dans le secteur « nettoyage, gardiennage » (70%), le secteur « transports » (57%) et le secteur « HORECA, Commerce » (59%). Egalement peut on constater un lien avec la taille de l’entreprise (plus grande est l’entreprise, plus il y a de possibilités) et l’existence d’une délégation du personnel syndicale (quand il y en a, 59% des questionnés voient des possibilités d’évolution).